Quand I.L. Peretz rencontre F. Mistral

Bréau d’été - Bréau d’automne 2011

A la canicule à succédé la fraîcheur - au vert ont succédé le jaune et le rouge.

Magnifiques promenades à travers les vergers, dans la forêt aux couleurs enchanteresses, glissant sur les feuilles et les bogues des châtaigniers.

On ne travaille plus dans des lieux multiples, tout se passe dans le salon de Lilian et Didier. Un feu de bois nous réchauffe ; sur la table, un monceau de livres, les oeuvres de Peretz, les oeuvres occitanes que Lilian a rassemblées.

A la foule des participants a succédé un petit groupe informel et variable, les uns arrivent, les autres partent. « Kleyn ober feyn » dit-on en yiddish « petit mais délicieux ». En petit groupe les échanges sont plus intenses et on a le temps de lire, de relire et de comparer les points de vue, d’exprimer les sensibilités.

« TAKHLES », venons en au fait !

Relire « la Nuit sur le vieux marché » de Peretz, cette pièce inépuisable qui se renouvelle à la lumière des autres textes que chacun propose en résonance.

Relire « les Mémoires inachevées » de Peretz et les confronter aux « Mémoires » de Frédéric Mistral. Entre passé et présent, tradition et modernité, religion et laïcité, où se situe l’écrivain ?

Relire des nouvelles de Peretz parce que Sara et Rivka ont proposé de les mettre en scène : comment les insérer dans le spectacle ?

Se passionner par les auteurs occitans, que nous avions peu ou pas lus.

Découvrir avec éblouissement « Mireille » de Frédéric Mistral qui n’a rien perdu de son charme, même en traduction. Ah ! si nous pouvions entendre sa musique en occitan !

Rencontrer Jean Boudou (Joan Bodon) dont les ballades alcoolisées et désenchantées sont si proches de celles d’Itsik Manger, le troubadour yiddish.

S’approcher de l’univers de Max Rouquette à travers les textes choisis par Lilian.

Ecouter la lecture des poèmes d’ Yves Rouquette - quelle violence Mais cette violence n’est-elle pas présente chez Peretz, voilée ?

« Jouer » la pièce d’une très jeune auteure, Miriam Grober, courte mais très forte. Et puis discuter par Skype avec elle, nous sommes modernes !

Voici quelques impressions de ce séjour où, comme dirait Peretz, l’âme s’est nourrie et s’est réjouie, mais le corps aussi, grâce aux spécialités yiddish (gefilte fish) et occitanes (soupe au potiron, salade du jardin, tarte aux oignons doux, pélardons) sans oublier les rochers à la noix de coco !

METHODE

Notre méthode de travail : rechercher les thèmes et les tensions dans la pièce de Peretz « la Nuit sur le vieux marché » et faire des allers-retours avec d’autres textes et d’autres auteurs pour voir ce qui résonne entre eux et qui résonne pour nous aujourd’hui.

Mistral nous paraît le meilleur alter-ego pour un dialogue avec Peretz.

La lecture des différents auteurs occitans nous a permis de réunir poèmes et extraits de textes.

COUPS DE COEUR

« Emergence de sens. Les ponts se font, pas besoin de chercher. »

« Plonger dans une oeuvre, se laisser toucher, devenir le porte parole de l’auteur auprès des autres du groupe, faire les présentations. Créer des liens. »

« Je me suis sentie transportée par ces œuvres dans une démarche créatrice de liens entre les oeuvres et moi, entre les oeuvres occitanes et yiddish, entre les personnes qui se sont penchées sur elles. »

« J’ai rencontré le poète Jean Boudou (Joan Bodon), homme de vent, qui n’a pas fini de m’accompagner. »

« Bonheur de lire, de relire, seul ou à plusieurs voix, en écho avec le fil de chacun. On a beau avoir déjà lu le poème, la voix de l’autre fait entrer dans une autre perception. »

« Envie d’aller plus loin, d’entendre les textes dans leurs langues respectives. »

« L’oubli de la langue ne l’empêche pas de faire partie du plus profond de nous-mêmes. »

« Activité intense - comme une ruche. »

« Je pense que vous aurez bien su parler de la chaleur, de l’intérêt intellectuel , d’un petit côté "salon littéraire", et des "à cotés" ludiques ...


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dimanche 8 avril 2012
par Lilian Brower Gomes

Frédéric Mistral et I.L.Peretz, une rencontre mémorable

A première vue, tout sépare Peretz et Mistral : Peretz au Nord, Mistral au Sud Peretz dans la ville, sans aucun contact avec la nature, Mistral dans la campagne, avec les petits paysans. Peretz juif, Mistral catholique Mistral imprégné des oeuvres grecques et latines, Peretz lit la Bible, (...)