Projet théâtre, expositions, table occitane

théâtre, expos, films, visite du patrimoine, sieste
dimanche 27 juin 2010
par Lilian Brower Gomes
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A midi table occitane avec Jean Guers. Le projet théâtre se veut pouvant faire lien avec le village et le Pays Viganais en général. Un petit village de Pologne qui a du répondant dans les villages des Cévennes. Ci dessous un tableau récapitulatif de midi et de l’après repas et le programme de la visite du patrimoine. Mise à jour 26 juin 2010

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Pour en savoir plus sur le projet théâtre, c’est ici

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Deux temps de théâtre dans la journée : le matin à 11h, atelier et l’après midi à 14h considérations, concertation, mise en commun de l’apport des différentes disciplines élaborés dans les différents ateliers, filage. Ces deux temps sont ouverts à tous ceux du Pays Vigannais qui souhaiteraient y participer, en participation libre.

Pour ceux qui n’ont pas encore acheté le livre, il sera disponible à Bréau. Pour le commander avant : "La nuit sur le vieux marché", collection théâtre yiddish, Arche éditeur.

La conférence sur la pièce par Irène Wekstein est sur le site de AKADEM

Pour mieux comprendre la pièce de Peretz - Une nuit sur le vieux marché - cela vaut le coup de lire aussi "Les oubliés du Shtetl" édité chez Plon dans la collection Terre Humaine. Peretz rend compte de son contact avec la population des petits villages "shtetls" lors de "l’expédition statistique" dans le canton de Tomaszow, en Pologne, à l’initiative de Jan Bloch en 1890. Le résultat de l’enquête statistique sur la situation économique des juifs du canton nous ne connaissons pas. Peretz nous donne à vivre les contradictions de sa place d’enquêteur face à la difficulté de vie et à la souffrance des populations avec laquelle il est confrontée, "a bild ", un tableau, à la fois de lui même et de la vie autour de lui. Organisation, sensibilités, caractères, relations sociales et de pouvoir, incidence du religieux... Lilian

Batia est à l’origine de ce projet de théâtre. Elle rêve de le mettre en scène et son cours de yiddish de l’année dernière autour de la pièce a fini par me convaincre que ce texte s’y prêterait à toutes sortes "d’incarnation", "d’habitation", "d’invitation". Sabine Lemler, nous a été présentée par Doris Engel et a accepté de mettre ensemble les bouts de travail des uns et des autres pendant la semaine de Bréau. Elle souhaite aussi animer un atelier théâtre pour ceux qui veulent travailler plus profondément leurs personnages. Catalina pense que les jeunes peuvent jouer le prologue et le premier acte de la pièce mais seulement si le reste de la pièce est joué ou lu parce que autrement le premier acte n’aurait pas tout seul du sens. Il y a certains personnages dont l’angoisse on ne comprend que en lisant la suite. Astrid veut bien travailler avec Catalina pour la mise en scène des jeunes. L’atelier des enfants est en principe partie prenante de la pièce avec du texte, de la danse et pourquoi pas de la musique. (à suivre).

Je m’appelle Sabine lemler, je suis metteure en scène à Strasbourg. Je suis, comme l’a dit Lilian, vraiment ravie d’avoir été contacté pour ce projet et en effet j’adore l’idée de mettre en scène un village, de faire d’un village un théâtre, d’amener le théâtre dans un village... et de rencontrer des gens, des lieux, des histoires, des légendes... La pièce, La nuit sur le vieux marché, s’y prête tout à fait. J’ai eu la chance de lire deux versions différentes de la pièce, celle des éditions de l’Arche et celle de Batia que j’ai rencontré à Paris il y a quelques semaines maintenant. C’est d’ailleurs un plaisir de l’entendre en parler et je dirais même nécessaire ! Les deux versions sont très différentes dans l’écriture, le style, la traduction de Batia est très poétique, versifiée alors que la traduction de l’Arche est plutôt en prose, parfois plus concrète. Je m’interrogeais en lisant ces traductions s’il serait pas intéressant de mélanger ces deux styles, certains personnages (comme par ex : L’Annonceur, le Bouffon...) pourraient s’exprimer en vers, tandis que d’autres en proses. Je disais à Lilian, quand je l’ai vu, que l’univers de cette pièce me faisiat bcp pensé à Shakespeare, un univers où se cotoient profanes et sacrés, vivants et morts, prose et poésie, vraisemblance et absurde ou surnaturel... Du coup, elle permet beaucoup de choses pour les costumes, les décors, les accessoires, de méler danses et conférences, yddish et français et occitant, musique et... C’est bien sur un projet ambitieux, qui s’étendrait sur plusieurs étés. En tout cas, je serais ravie de commencer à le battir cet été avec vous, d’écrire le Prologue.

Un texte difficile : à y rentrer absolument Dans ce texte, je voudrais essayer d’expliquer pourquoi l’accès à ce texte est difficile, pourquoi et comment on peut essayer de le lire tout de même.

Revenons aux origines du théâtre : il me semble que le théâtre repose depuis les Grecs sur deux éléments : une HISTOIRE (intrigue, scénario) et des PERSONNAGES. Ainsi, dans « Oedipe-Roi », archétype du théâtre (et premier roman policier), on suit le personnage Oedipe qui cherche à répondre à la question : « Qui a tué le roi Laios ? », Oedipe étant à la fois l’enquêteur et le coupable (ce qui donne le caractère tragique).

Je pense qu’on n’est jamais sorti de ce schéma : « Iphigénie va-t-elle être sacrifiée ? » « Tartuffe sera-t’il démasqué ? » « Richard III sera-t’il puni de ses crimes ? » etc. Les comédies se terminent par des mariages, les tragédies par des morts, mais il y a toujours les mêmes éléments, même dans le théâtre moderne, où les enjeux peuvent se réduire au dérisoire (pas toujours).
 La pièce de Peretz ne suit pas ce schéma. A mon avis, elle a un seul modèle : le Second Faust. On connait bien le Premier Faust : Faust fait un pacte avec le Diable pour rajeunir, il conquiert Marguerite, il l’abandonne, elle donne le jour à un bébé qui meurt. elle est condamnée pour infanticide. Dans le Second Faust, Goethe nous emmène dans un lieu sauvage où se réunissent sorcières et démons, durant la nuit de Walpurgis. C’est tout ce que je sais, je n’ai pas lu cette pièce, je ne l’ai pas vue, elle n’est jamais montée (à ma connaissance).

Peretz connaissait certainement l’oeuvre de Goethe, les écrivains yiddish de cette époque lisaient tout, la littérature française, allemande, russe, polonaise. Cela s’ajoutait à leur connaissance de la Bible, des Prophètes, du Talmud, c’est ce qui nous rend leur abord difficile. Doris

C’est la traduction de Batia que j’ai lu (et pas la traduction en prose des éditions à l’Arche) mais malgré la beauté et la richesse du texte, la première lecture m’a mise dans une profonde tristesse.parce que si on mesure les expériences spirituelles,politiques,philosophiques et idéologiques à la lumière de l’existence ou de l’absence de liberté, on est stupéfait, et plein de tristesse.Comme l’homme a l’habitude de l’aliénation ! Comme le non-conformisme et l’esprit libre sont considérés comme d’inadmissibles provocations ! Et comme les idoles font du mal !.J’ai donc laissé le fil des lectures m’imprégner, noté le décryptage qu’il m’évoquait et heureusement l’humour est apparu car j’ai pas envie que les ados se barrent en courant. Catalina

Peretz sympathisait avec le mouvement ouvrier juif révolutionnaire. « Avec l’écrivain Spector, ils furent arrêtés lors d’une soirée au comité où ils devaient lire des fragments de leur œuvre .Ils ont été incarcérés trois mois dans le sinistre dixième pavillon de la forteresse de Varsovie. » Mais ses propos sur la victoire escomptée de la révolution prolétarienne, noue éclairent sur ce double jeu d’opposition dans sa pièce : Condamnation- justice Espoir- crainte « Je suis de cœur avec vous, déclara t-il, l’homme doit pouvoir manger à sa faim. Il doit être libéré de toutes les contraintes et disposer librement de sa personne et de son labeur… cependant, j’ai peur des vaincus qui se muent en vainqueurs. Victorieux, vous deviendrez des bureaucrates. Vous dicterez à chacun la manière de mener son ouvrage. Vous exterminerez les créateurs de nouvelles valeurs et boucherez la source d’où jaillit le bonheur : la libre initiative de l’homme, cette formidable force qui peut dresser un seul homme contre mille, un individu contre tout un peuple ou une génération . » Peretz prophète ? Catalina


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