Conférences et films

Penser la pluralité : langues, accents, héritages culturels, architectures, musiques...
lundi 11 mai 2009
par Lilian Brower Gomes
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D’un côté nous renouons avec la formule des premières années, celle des conférences savantes suivies de débats. D’un autre côté, nous inaugurons une nouvelle formule tout en renouant avec nos sources - le Festival de cinéma de Douarnenez de 1999 - en faisant suivre chaque conférence d’un film. Vous trouverez cette année -dixième anniversaire oblige - une grande cohérence autour de la question de la pluralité : contributions, avatars, écueils, méconnaissances... Les films seront parfois en continuité avec la conférence, parfois décalés : dans le temps, dans l’espace géographique, dans la culture abordé, dans l’approche, dans le thème. La continuité permet d’étoffer, d’élargir l’apport des conférences, le décalage interpelle, ouvre des horizons, passe outre des frontières.

Michel Alessio résume bien le contexte de cette "mise au jour" à laquelle on s’y attelle cette année : "La mise en scène du passé par l’histoire officielle et scolaire est un récit mythique qui ignore la pluralité culturelle des espaces et des populations successivement incorporés à l’ensemble national. Face au fantasme mutilant du peuple homogène qui ne leur laisse pas de place, on commence à prendre conscience des bienfaits que produit la mise au jour des mémoires particulières, des langues et cultures originales qui constituent notre identité collective. "

Toutes les conférences et films de la semaine dans ce document PDF.

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« ...Entre violence et tolérance…la terre d’Oc médiévale et son rapport à l’a(A)utre... »

Madeleine Ribot-Vinas

dimanche 5 juillet à 15h

Entre Cévennes et Méditerranée sur une terre où vécurent Celtes, Etrusques, Grecs d’Orient et de Phocée avant d’être la plus romanisée des Trois Gaules, entre bohémiens, migrants, marchands, envahisseurs, colonisateurs, croisés et pèlerins, comment la terre d’Oc a –t-elle su vivre son rapport à l’a(A)utre, s’épanouir et prospérer avant la Croisade contre les Albigeois ? Parcourant les chemins de la mémoire, Madeleine Ribot-Vinas écoute les leçons de l’histoire afin de mieux appréhender le présent

« Médecine, philosophie et mystique au XIIe en Camargue médiévale »

Madeleine Ribot-Vinas

mercredi 8 juillet à 14h30

Entre l’Italie et la Catalogne, entre le Rhône et Narbonne dans des terres de mouvances et de sel, la Camargue médiévale a vu s’épanouir une culture brillante à la convergence de savoirs multiséculaires. Terre de sel, de Kabbale, de médecine, de philosophie, entre Posquières (Vauvert – Gard), Psalmodi et Lunel, sur la terre des troubadours de langue d’Oc la Camargue secrète fut un moment le berceau des mystiques, physiciens, sages, penseurs et philosophes.

« La Kabbale de Languedoc »

Madeleine Ribot-Vinas

samedi 11 juillet à 15h00

Mettant ses pas dans ceux des anciens maîtres, Madeleine Ribot-Vinas nous incite à parcourir avec elle les chemins de la Kabbale dont Lunel et Posquières (Vauvert - Gard) furent les berceaux au XIIe siècle avant de connaître un grand rayonnement en Espagne.

La conférencière :

Madeleine Ribot-Vinas « Mémoires et Histoires de la terre occitane » : www.madeleine-ribot-vinas.com

Ecrivain et conférencière, auteur de « Lunel, La Kabbale et l’étoile », Madeleine Ribot-Vinas a vécu de longues années en Camargue et s’est consacrée à la mise en valeur du patrimoine historique, culturel, économique et environnemental de Petite Camargue et à la brillante littérature hébraïque médiévale qui a fleuri à Lunel durant la période de « l’âge d’or » de la terre occitane.

« Le modèle républicain d’intégration est-il dépassé ? Minorité, communauté et communautarisme »

Ahsène Zehraoui

Lundi 6 juillet à 14h30

Que veut dire chacun de ces termes et qu’est ce qui les différencie ? Les supporters d’un club de foot sont ils une minorité ou une communauté ? Communauté d’idées, de partage ou communauté enfermante, d’exclusion ?

Un état de lieux aujourd’hui en France et une analyse des raisons de la crise du modèle fondé sur l’individu citoyen

Entre le pluralisme assumé, les replis identitaires et l’assimilation, où en est-on aujourd’hui dans la société française ? Quelles sont les causes et les processus à l’œuvre de cette réalité multidimensionnelle et complexe.

Le conférencier :

Sociologue, auteur de " L’immigration –de l’homme seul à la famille", chercheur à Paris au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique, travaille sur l’interculturel.

"Du local à l’universel ...en passant par l’occitan"

Philippe Martel

Jeudi 9 juillet à 14h30

Quand on parle de l’occitan, on est face à deux tentations : on peut rejeter le terme, et l’idée qu’il implique d’un ensemble allant de l’Atlantique aux Alpes, au nom de la préservation d’une identité locale douillette, reposant sur la connivence entre gens qui se connaissent, mais un peu enfermante. A l’inverse, on peut mépriser cet attachement au local au nom de la vision d’une Grande Occitanie qui aurait sa langue unifiée, standardisée, officielle, comme les grandes langues d’État qu’on apprend à l’école, au risque de rejeter les pratiques réelles de ceux qui sont les porteurs de l’occitan hérité, qui est, lui, forcément dialectal. On voit bien que ces deux tentations ne sont que la miniaturisation de deux tentations de bien plus grande importance : celle du repli exclusif -on ne parlera qu’avec ceux qui sont comme nous- et celle du nationalisme : il n’y a de culture que celle portée par de grandes institutions officielles, et le reste n’est que sous-culture populaire sans intérêt. On se demandera donc s’il ne vaut pas mieux chercher à utiliser la variabilité concrète de la langue d’oc, une à travers toutes ses différences, pour apprendre à penser la pluralité et la variabilité dans l’ensemble de la société. De ce point de vue, la revendication pour l’occitan peut donc entrer dans un projet bien plus large.

Le conférencier :

Chargé de cours à l’université de Montpellier au Département d’Occitan, historien, auteur d’une œuvre historiographique « Les Cathares et l’histoire », organisateur de « Enseigner la Région », « militant » pour la formation d’enseignants et l’enseignement de l’occitan à l’école publique - président de la FELCO. Domaine de recherche : histoire culturelle du Midi de la France, essentiellement à la période contemporaine.

"Qui suis-je ?"

Réflexions autour des identités plurielles et de la construction de son identité.

Fabienne Regard

Mardi 7 juillet à 14h30

Découvrir en quoi la représentation de sa propre identité a une incidence sur le regard porté sur l’Autre. Exercices sur les identités culturelles qui vont nous permettre de mieux nous connaître ... Comment se construisent les stéréotypes, mythes et autres simplifications et quel est leur rôle dans les processus d’intégration et d’exclusion ? Comment les dépasser ?

" Les mythes nationaux, la prégnance des stéréotypes et le mépris de l’Autre "

Fabienne Regard

vendredi 10 juillet à 14h30

A partir de l’exemple de la Suisse et de l’accueil des réfugiés pendant la Deuxième Guerre mondiale ainsi que du travail de Suzanne Citron.

La conférencière :

Politologue, historaliste, auteure de "La Suisse paradis de l’enfer" et "Mémoire d’une Suisse en guerre". Recherche le lien entre histoire officielle et histoires de vie, pour une approche citoyenne de l’Histoire. Travaille pour la diffusion de l’enseignement de la Shoah pour la prévention des crimes contre l’humanité au Conseil de l’Europe à Strasbourg.

« Yid et oc »

Michel Alessio

jeudi 9 juillet à 14h30

Regards sur quelques aspects juifs et occitans de la réalité française, et sur quelques points de rencontre. La mise en scène du passé par l’histoire officielle et scolaire est un récit mythique qui ignore la pluralité culturelle des espaces et des populations successivement incorporés à l’ensemble national. Face au fantasme mutilant du peuple homogène qui ne leur laisse pas de place, on commence à prendre conscience des bienfaits que produit la mise au jour des mémoires particulières, des langues et cultures originales qui constituent notre identité collective. Car toute identité est faite d’altérité, et le grand récit national est un chant à plusieurs voix. Rien ne l’illustre mieux que quelques forages dans les couches, parfois profondément enfouies, de la matière juive et occitane de notre pays.

Le conférencier :

Curieux des choses du langage dans ses rapports réciproques avec la littérature, la culture et la société : avec la vie. Une affection particulière pour l’occitan, et, allez savoir pourquoi, pour le yiddish. Chargé de mission au ministère de la culture.