15 ans après, aller plus loin dans le travail de l’Association

mardi 3 juin 2014
par Lilian Brower Gomes
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Pendant quinze ans l’association Yiddish&Cie en Cévennes a essayé de combler les énormes lacunes de transmission de la culture yiddish : dans sa diversité, sa complexité et sur tous les plans - de la cuisine à la philosophie en passant par la musique. Cela nous a pris plusieurs années pour comprendre que selon l’Histoire qu’on enseigne la liberté ne sera pas la même pour tous, l’égalité plus égale pour certains que pour d’autres et la fraternité une affirmation de l’exclusion dans un monde nationaliste…d’Etat - destin de tous les états modernes du monde. L’accent mis sur la pluralité à l’intérieur d’une même langue- culture et sur la multiplicité d’identités de chaque personne ainsi que son caractère "évolutif" n’ont pas toujours été bien compris.

D’ateliers en conférences, de cuisine du terroir en bals poétiques, des amitiés fortes se tissent. En lien étroit avec des personnes passionnées du monde occitan et cévenol, ayant adopté le village de Bréau, pendant une semaine entière de créations et de contacts chaleureux et informels, nous avons cheminé.

Avec les acquis - connaissance, expérience, maturation - nous avons repéré des domaines difficiles à faire bouger, à sensibiliser, à traiter, à dépasser. Nous aimerions travailler :

Sur la difficulté d’aborder la complexité de ce que l’on vit

, dans une société qui habitue ses clients à des messages des plus lapidaires adaptés aux objectifs de consommation. Accéder à cette complexité implique : - sortir de la pensée unique et formatante ; - sortir de la super spécialisation et des cloisonnements que cela entraîne ; -aborder la notion de culture dans le sens large, pas restreinte aux lettres et aux arts.

Sur la difficulté d’aborder, en histoire, les mythes nationaux dans leurs effets d’enfermement et d’exclusion

parmi lesquels la reconnaissance de toutes les langues de France et d’Ailleurs, écrites ou orales, en tant que des gisements précieux pour la survie de l’humanité sur ses bases les plus humaines et ce à égalité avec la langue française et les autres langues d’État.

Sur la difficulté de trouver la cohérence entre la forme et le fond

de la semaine malgré ce travail de 15 ans et l’expérience des alentours. Et nous ne sommes pas les seuls, toutes les associations locales et informelles rêvent de démocratie et de travail collaboratif et toutes pèsent lourd sur leurs responsables qui finissent par s’écrouler sous ler travail : comment ne pas simplement remplacer un responsable dans un système centralisé par un autre ? Comment chercher ensemble des modes de prise de décision qui ne soient pas chronophages en temps de réunion ou "prises de tête " ou prises de pouvoir. De modes de décision qui se servent de la richesse et de la variété des intelligences en présence pour faire avancer un projet où tous se sentent représentés. Cela implique d’autres outils, d’autres manières de faire et aussi un travail sur soi important. (voir document très instructif de la SCOOP LE PAVÉ )

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Sur la difficulté de se relier sur le plan local, de se serrer les coudes… Pour se sentir fort pour continuer, pour avancer

 ; chaque être humain n’a une journée que de 24heures pour dormir, manger, travailler, s’occuper de ses enfants, rencontrer ses amis, faire le jardin, aller au cinéma, au théâtre, tisser, broder, bricoler…. Se relier s’est pouvoir participer sans prendre TOUTE LA responsabilité. Qui a des pistes ? Peut-être parce que nous habitons maintenant une grande partie de l’année en Pays Vigannais nous nous préoccupons du lien entre tous ceux pour qui " C’est important d’oeuvrer pour un monde meilleur "(Noam Chomsky). Quelles sont les différentes facettes, chemins, moyens et états d’esprit pour y arriver. S’ils ne sont pas exclusifs mais complémentaires, comment relier tout cela pour économiser de l’énergie en montant en puissance ?

J’espère que ce document sera évolutif tant en nouvelles questions qu’en avancées.

Lilian